Avec la pandémie actuelle, la responsabilité sociétale des entreprises est plus que jamais évoquée, et de nombreux axes de réflexions portent à croire que le sujet occupera les devants de la scène en entreprise dans les mois à venir.

Parmi les pistes de réflexion :


1. Il existe, par essence, un lien fort entre enjeux RSE et crise du coronavirus.

Parmi les enjeux sociétaux, sociaux et environnementaux que traitent les démarches RSE on retrouve en effet des enjeux RSE fondamentaux de santé et sécurité au travail, déjà très souvent considérés comme enjeux prioritaires des entreprises, travail décent et croissance économique, consommation et production responsables, ville et communautés durables ou encore lutte contre les changements climatiques.

Autant de sujets actuellement au cœur des préoccupations de nos entreprises et qui ne vont faire que perdurer et même gagner en importance, et faire progresser des démarches encore inexistantes ou insuffisantes.


2. Saisir l’opportunité de revoir son modèle d’affaires

La crise a perturbé fortement le fonctionnement des organisations et des changements profonds sont en train de mûrir chez bon nombre d’acteurs économiques.

Prenons par exemple les thématiques de production et consommation locale qui reviennent en force. Est-il normal de faire venir ses fournitures de l’autre côté de la planète ? De ne pas trouver à s’approvisionner localement en élastique pour fabriquer des masques ?

Plus profondément encore, les entreprises saisissent actuellement l’opportunité de redéfinir leurs enjeux RSE, de mettre à jour leur analyse de risques et de matérialité, et leurs valeurs, leur « business why », vers un fonctionnement plus solidaire, un ancrage plus local, une raison d’être plus responsable et plus durable.

Même l’écologie, poussée par les attentes citoyennes ou encore le télétravail, s’invite la plupart du temps dans la définition des raisons d’être des entreprises.


3. Nos grands patrons appellent à « mettre l’environnement au cœur de la reprise »

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, près d’une centaine de grands patrons appellent à une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique. Une initiative lancée par Jean Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas et président d’Entreprises pour l’environnement (Epe), à laquelle se sont joints l’Afep et le Medef. Les grands patrons soutiennent aussi le « Pacte vert européen » visant à la neutralité carbone d’ici 2050.

Cette tribune des grands patrons s’inscrit dans un contexte où la transformation des entreprises n’est plus une option.

Les entreprises – nombreuses – ont fait leur les grands principes de l’accord de Paris de 2015 sur le climat.


4. Le plan de relance sera RSE, avec un changement d’échelle en perspective

Lors de la présentation des aides d’État à l’économie, les débats ont tourné autour de la conditionnalité des aides aux exigences de transition écologique et de RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Le plan de relance de l’Economie, attendue pour septembre ou octobre, devrait intégrer ces dimensions, assure le ministre de l’Economie et des Finances.

Du haut de ses 110 milliards d’euros , le plan d’urgence qui a été adopté le mois dernier par le Parlement donne une idée de l’échelle à laquelle va devoir se jouer la relance. Avec à la clé des investissements fléchés sur des secteurs comme les véhicules électriques, la rénovation thermique des bâtiments, les technologies de stockage de l’énergie, ainsi que le « renouvellement de notre flotte aérienne », a égrainé Bruno Le Maire devant les parlementaires, assurant vouloir doter la France de « la première économie décarbonée de la planète » (source Les Echos).

Plusieurs dossiers RSE sont actuellement à l’étude au Sénat, à l’Assemblée Nationale ou encore portés par la Plateforme RSE, instance de concertation multi parties prenantes placée auprès du Premier ministre.

Un soutien concret donc à un sujet aussi fondamental que la responsabilité sociale et environnementale de nos entreprises.


5. Les Objectifs de Développement Durable (ODD) nationaux plus que jamais d’actualité

L’ONU proclame que la pandémie de COVID-19 est une épreuve pour l’humanité. Mais elle lui donne aussi l’occasion de se montrer solidaire et de transformer cette crise en un élan planétaire pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030.

« Nous devons nous assurer que les leçons sont retenues et que cette crise représente un tournant décisif pour la préparation aux urgences sanitaires et pour l’investissement dans les services publics essentiels du XXIème siècle », a récemment plaidé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre les acquis obtenus par le biais des investissements dans l’action humanitaire et des Objectifs de développement durable », insiste-t-il en présentant un plan de réponse humanitaire mondial, destiné à combattre la maladie dans les pays les plus vulnérables. Une façon de rappeler que ces objectifs et la lutte contre le nouveau coronavirus sont intimement liés.